Investissement

Prêt in fine : une assurance sur tout le capital

Avec un prêt in fine, vous ne remboursez que les intérêts pendant toute la durée, puis le capital en une fois à la fin. Le capital restant dû ne baisse jamais : l’assurance couvre donc la totalité de la somme empruntée, du premier au dernier jour. C’est ce qui la rend plus chère, et c’est pour cela qu’elle se compare de près.

Publié le 19/10/2026 Lecture 7 min

du capital assuré pendant toute la durée
100 %
seule part des échéances avant le terme
Intérêts
la garantie qui compte le plus
Décès

Comment fonctionne un prêt in fine

Un prêt in fine est un crédit dont le capital est remboursé en une seule fois, à l’échéance. Entre-temps, l’emprunteur ne paie que les intérêts.

Prêt in fine

Crédit immobilier sans amortissement : les échéances ne contiennent que les intérêts (et l’assurance). Le capital emprunté est remboursé en totalité à la dernière échéance, souvent grâce à un placement constitué en parallèle et donné en garantie à la banque.

On le rencontre surtout en investissement locatif : les intérêts sont déductibles des loyers au régime réel, et l’épargne placée à côté travaille pendant la durée du prêt. Les banques le réservent en général à des emprunteurs disposant d’un patrimoine ou d’une épargne suffisante, et demandent souvent le nantissement d’un contrat d’assurance vie.

Ce placement nanti n’est pas une assurance emprunteur : il garantit le remboursement du capital à l’échéance, pas le décès ou l’invalidité de l’emprunteur en cours de route. Les deux se cumulent le plus souvent.

Pourquoi l’assurance d’un prêt in fine coûte plus cher

Sur un prêt amortissable, le capital garanti diminue chaque mois. Sur un prêt in fine, il reste au maximum jusqu’à la dernière échéance.

Que le contrat calcule la cotisation sur le capital initial ou sur le capital restant dû, le résultat est le même ici : les deux montants sont identiques pendant toute la durée. L’avantage habituel d’une cotisation sur capital restant dû, qui baisse au fil du prêt, disparaît (voir notre page sur le calcul de la cotisation).

Prêt de 200 000 € sur 15 ansCapital moyen assuréCotisation annuelle (taux 0,20 %)Coût sur 15 ans
Amortissable, cotisation sur capital restant dû≈ 105 000 €de 400 € la 1re année à quelques dizaines d’euros la dernière≈ 3 200 €
In fine200 000 €400 € chaque année6 000 €

Ordres de grandeur, taux d’assurance identique pour la comparaison. Le taux réel dépend de l’âge, du profil et des garanties.

Comparer en euros sur toute la durée

Sur un prêt in fine, un écart de taux de quelques centièmes se multiplie par un capital qui ne baisse jamais. Comparez le coût total en euros sur la durée du prêt, pas le seul taux affiché.

Calculatrice posée sur un dossier de prêt

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Quelles garanties pour un prêt in fine

Le risque principal pour la banque est le décès de l’emprunteur avant l’échéance, avec tout le capital encore dû.

Décès et PTIA
Toujours exigées : en cas de sinistre, l’assureur verse le capital garanti, soit la totalité de la quotité du prêt.
Invalidité (IPT, IPP)
Souvent demandée en complément ; elle prend en charge les échéances, donc ici les seuls intérêts, ou le capital selon le contrat.
Arrêt de travail (ITT)
Elle rembourse les échéances pendant l’arrêt, c’est-à-dire les intérêts : l’enjeu financier est plus faible que sur un prêt amortissable.
Perte d’emploi
Rarement pertinente sur un investissement financé par les loyers ; facultative.

La banque fixe la liste des garanties dans sa fiche standardisée d’information. C’est elle qui sert de référence pour une équivalence de garanties si vous choisissez un autre assureur. Sur un investissement locatif, il est fréquent que la banque se contente du décès, de la PTIA et de l’invalidité : demandez-le avant de payer une garantie arrêt de travail qui ne vous apporterait que peu.

Questionnaire de santé : le capital in fine compte en entier

Depuis la loi Lemoine, le questionnaire de santé est supprimé lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne, tous prêts immobiliers confondus, et que le dernier prêt se termine avant les 60 ans de l’assuré. Un prêt in fine pèse pour son capital total dans ce calcul, puisqu’il n’est jamais amorti avant l’échéance.

Deux leviers peuvent faire passer sous le seuil : la quotité lorsqu’on emprunte à deux, et la durée. Au-dessus, l’assureur peut demander un questionnaire, voire des examens selon le capital et l’âge.

Deux investisseurs, un prêt de 300 000 €

Un couple de 45 ans finance un immeuble avec un prêt in fine de 300 000 € sur 12 ans, assuré à 50 % chacun. La part assurée est de 150 000 € par tête et le prêt se termine à 57 ans : pas de questionnaire de santé. Assuré à 100 % chacun, chacun dépasserait les 200 000 €.

Changer l’assurance d’un prêt in fine en cours de route

Un prêt in fine souscrit par un particulier reste un crédit immobilier : vous pouvez changer d’assurance à tout moment, à condition de présenter un contrat aux garanties équivalentes. Comme le capital ne baisse pas, l’économie possible ne diminue pas avec le temps : un changement fait à mi-parcours garde le même enjeu annuel qu’au début.

Attention en revanche à l’âge : un changement tardif se fait sur votre âge du moment, et peut faire revenir le questionnaire de santé si la part assurée dépasse 200 000 € ou si le prêt se termine après vos 60 ans.

En résumé

Un capital qui ne baisse pas, une assurance à comparer de près

Sur un prêt in fine, l’assurance couvre tout le capital jusqu’au bout et coûte donc plus cher qu’un prêt amortissable. Concentrez-vous sur le décès, la PTIA et l’invalidité, vérifiez ce que la banque exige vraiment, et comparez le coût total en euros.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le prêt in fine

L’assurance emprunteur est-elle obligatoire pour un prêt in fine ?
Aucune loi ne l’impose, mais la banque l’exige presque toujours, au moins en décès et PTIA, puisque tout le capital reste dû jusqu’à l’échéance.
Le nantissement d’une assurance vie remplace-t-il l’assurance emprunteur ?
Non. Le placement nanti garantit le remboursement du capital à l’échéance. L’assurance emprunteur couvre le décès ou l’invalidité de l’emprunteur avant cette date. La banque demande en général les deux.
Une cotisation sur capital restant dû est-elle avantageuse en in fine ?
Non : le capital restant dû est égal au capital emprunté pendant toute la durée. Les deux bases de calcul donnent le même résultat.
Les cotisations sont-elles déductibles des loyers ?
En location nue au régime réel, les primes d’assurance emprunteur d’un prêt finançant le bien loué sont déductibles des revenus fonciers, comme les intérêts.
Peut-on changer d’assurance sur un prêt in fine ?
Oui, à tout moment depuis la loi Lemoine pour un crédit immobilier de particulier, avec un contrat aux garanties équivalentes à celles exigées par la banque.

Pour aller plus loin

Un prêt in fine, une assurance au juste prix

On compare les contrats sur le capital et la durée réels de votre prêt.

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